dimanche 1 avril 2007

Tarte ? Où ça ? Suis la voix des noix.

Comme le fais sentir le titre.
Il y a des noix qui sont passées à la casse.
Un kilo pour finir avec tout juste 400 g de cerneaux de ce doux marron clair.

Ca n'est pas là une recette que j'ai sortie de ma petite tête.
Je remercie le calendrier qui me tend une recette par jour.
Même si je le trouve un peu trop salé.

Le 17 Janvier. Oui je sais ça date.
Mon brave ami me proposait une tarte. [J'aime les tartes, c'est tout simple et tout bon]. Mais si seulement il en était resté à cette tentation.
Non.
Il a fallut qu'il pousse plus loin. Qu'il rende l'odeur plus présente encore. Dans les toboggans de mon cerveau. Qu'elle envahisse toute la place. Plante ses tentes. Et nargue toutes mes envies.
Déjà que je lutte pour laisser les noix paisiblement dans leur corbeille, alors que je croise leur regard charmeur à chaque fois que je prends un fruits dans le plateau placé juste dessous ... et c'est pas rare.
Mais alors là. C'en est trop.
J'ai repoussé, caché, dissimulé la petite feuille sur laquelle s'affichait sans gêne l'image suivie de ses descriptions pour échaffauder la chose.
Mise derrière celle de la tarte au chocolat épicée, espérant que je détournerais bien vite mon regard, car le chocolat ... c'est trop populaire.
Rien. Elle n'en fit rien. Chaque fois la maline a trouvé le moyen de pointer son nez sucré.
Même à travers, je la distinguais, elle me tirait la langue, moqueuse.

Le Dimanche dix huit Mars deux mille sept.
S'en fut trop.
Je ne puis tenir tête plus longtemps.
Aussi butée sois-je.
Ayant vainement essayé de repousser la sentance, j'avais sagement et patiemment brisé toutes les coquilles de noix. Triées, pesées. Elles erraient, gentiment serrées les unes contre les autres dans un plastique. Ettiqueté du poids leur correspondant.
Je pensais pouvoir échapper à leur influence en agissant ainsi.
Les noix n'avaient pas dit leur dernier mot.
Associées en douce et par un commun accord avec le sucre glace inocemment acheté par la Moumlle dans le petit magasin bio des vieilles rues de la ville.

Munies de ce plan, ces deux affreuses et redoutables choses allaient m'achever.
Sans regrets, sans scrupules.
Pas même un petit soupçon de pitié.
Non, rien.
Ils sont redoutables.

Le Dimanche, lendemain de St Patrice, fête de la Moumlle.
Alors que je me mettais bravement aux fourneaux, sous mon tablier farineux afin de confectionner du Nougat, que je sandwicherais entre deux coques de macarons sans colorants (jamais au grand jamais) et entre des meringues, pour les mener à la merci de dentiers affamés de gens du cours de percussions, à l'occasion de l'anniversaire du professeur et d'une fille.
J'oeuvrais donc à cette mission périlleuse. Avec, pour seul aide pour cuire correctement le sucre, un fil de fer afin de faire tenir le thermomètre. C'est que c'est un travail à faire à deux ! Adviendra que pourra, je me lance !
Tout se passe bien.
Pendant le déséchage de la masse collante et mielleuse de Nougat, je me dis qu'au lieu de poireauter à attendre que ça sèche en remuant juste de temps à autres, je vais plutôt avancer autre chose. Et gardant les macarons [Petite espèce bien capricieuse] et meringues pour plus tard. Qu'une option résidait dans ce vide.
Elle était tenace.
La Tarte aux Noix.

Ah ! La frêle feuille devait bien rigoler, en me voyant.

J'ai fait la pâte sablée, au lieu de l'acheter. On ne sait pas ce qu'ils mettent vraiment dedans.

Pour couvrir un moule à tarte rond ... je dirais de diamètre normal.
Il sera nécessaire de suivre les doses ci-après, afin d'aboutir à quelque chose comme ça ...


Pour la pâte sablée.

Je n'utilise que des ingrédients bios, ou vraiment quasiment que. Et pas de beurre, ni de crème fraîche, je remplace par de la margarine, brillant équivalent et plus facile à travailler ... sauf quand il fait chaud, et la crème fraîche est avantageusement virée par la crème soja. Le lait par du lait de soja, ou encore de riz, d'avoine ... Le sucre est roux, ou rapadura. Voir fructose.
Jamais de farine plus claire que 65.

  • De la farine, type 65 (donnera un résultat plus raffiné et passe-partout qu'une farine plus foncée, mais on peut oser épeautre, sarrasin, seigle, complète, ou encore châtaigne, qui devrait bien se marier avec la goût parfumé de la noix), 400 grammes
  • De la margarine, 200 grammes

  • Du sucre roux, entre 100 et 200 grammes selon si on aime sucré ou moins

  • De l'oeuf, 1 (de taille moyenne)

  • Du sel, 1 pincée (que je néglige toujours)

Tout brasser, malaxer, pétrir. Et, si on a le temps, laissons reposer entre 30 minutes et 1 heure.
Ca lui fera le plus grand bien. Sauf pour les gourmands pressés, qui ne s'y sont pas mis assez tôt !



Pour l'intérieur tout en noix et juste sucré en surface.

  • Des cerneaux de noix, 200 grammes

  • De la poudre d'amandes, 150 grammes

  • Du sucre glace (En bio, chez Priméal, ou encore Jean Hervé, le sadique qui inonde les rayons de ses purées d'oléagineux !), 150 grammes

  • De la margarine, 150 grammes

  • Des oeufs, 3 + 3 blancs

  • Du pralin, 50 g

Plongez un bras dans votre four. Allumez-le. Thermostat 4 (mon four est capricieux, je n'utilise donc que ce thermostat).
Avant de délivrer ces ingrédients de leurs diverses boîtes, il vous faut huiler le moule à tarte d'un filet d'huile de pépin de raisins (extraite à froid, sinon rien !), ou, à défaut, d'huile d'olive (oui, c'est parfumé) mais ... et pourquoi pas de l'huile de noix ! Si vous n'accordez pas une entière confiance à votre moule, ajoutez-y de la farine, saupoudrée, en plus de l'huile, ou encore à la place.
Ensuite, habillez ce lit de la pâte sablée que vous avez bien soignée. Elle doit dessiner un joli bord qui fera mur pour accueillir le mixage aux noix.
Recouvrir cette pâte bien confortablement installée dans son plat, de papier aluminium, épousant ses formes.
Cuire 10 minutes, après quoi on enlève le papier aluminium, et on continue 5 bonnes minutes. Sortir le tout et laisser de côté à patienter.

Maintenant, à la conquête des noix et de leurs amis, elles ont cherché, nous voilà !
Il vous faut d'abord leur faire endurer un broyage au mixeur (petit mixeur), pour les concasser, attention, pas trop fin !
Dans un saladier de bonne taille, on rassemble la margarine et les jaunes d'oeufs, en réservant les blancs dans un grand saladier.
On ajoute les noix au mélange margarine/jaune d'oeufs, ainsi que la poudre d'amandes dûement pesée, et le pralin.

[Si, comme moi, vous n'achetez pas le pralin, car trop cher, ou ingrédients peu recommandables (sucre blanc) ou même encore parce que vous redoutez votre cuillère qui va mener tout le reste du paquet non utilisé à votre bouche, il suffit de prendre le poids que l'on veut, on divise en deux, la moitié, c'est du sucre roux, l'autre, ce sont amandes et noisettes. Là, ca donne 25 g de sucre roux, pour 12.5 g de noisettes et 12.5 g d'amandes. Que l'ont passe à la casserole, jusqu'à ce que le sucre brunisse, en remuant. Ensuite on sort et laisse refroidire. On casse le maximum et hop, direction mixeur ! Un beau pralin, c'est pas magnifique ?)

Touiller le tout pour avoir un mélange dans lequel on ne distingue pas les familles isolées.

Dans le grand saladier, où se trouvent trois blancs orphelins, qui papotent de choses et d'autres [indiscrets va ! Ca ne vous regarde pas dit dont !], on leur offre trois nouveaux copains. (Leurs jaunes, vous en faites ce que bon vous semble, il y a des recettes comme la crème anglaise qui ne demande qu'eux ! Ou encore faites des pates, tout simple).
Armez-vous du batteur, courageux ! Et battez ces blancs en neige de toute beauté.
Quand ils sont bien mousseux, conviez-y la préparation aux noix. Uniformisez tout ça avec une cuillère en bois. Délicatesse avec les blancs M'sieurs Dames.

Avec ce lisse mélange, remplissez le fond de tarte. Egalisez le dessus.

... Je m'apperçois que le sucre glace, on doit le mettre en croûte, sur cette tarte, mais après cuisson, et j'ai fait ... avant. Enfin bon c'était délicieux. Alors faites comme vous voulez !
Mais la tarte, il faut l'enfourner 30 minutes.
Elle en émergera toute dorée. Appétissante !

Plus simplement. Admirez le résultat que j'ai présenté aux yeux de gourmands d'ici.

Il est dit que l'on peut aussi remplacer les noix par des noisettes [ou des noix de pécans !] ... mais pour moi, vu que c'est une tarte du Dauphiné, Grenobloise, fidélité au noix oblige.

En tout cas, cette déliciosité à remporté l'hunanimité générale, elle est succulente.
Rien de plus. Rien de moins.

J'en referais.
Par contre attention, les noix, c'est pas donné ... soignez votre porte-monnaie avant.

[Un peu ... long, non, ce texte ?]

1 commentaires:

Liliy a dit…

Cette tarte aux noix, elle me tend les bras! Je sens qu'elle commence à s'immiscer dans les toboggans de mon cerveau aussi...
Jusqu'à quand vais-je lui résister...? ;)